Recherches

Mieux évaluer le risque grâce à la génétique

Le BIVB finance des travaux portés par l’INRA de Bordeaux dont l’objectif est de connaitre l’origine des foyers de Flavescence Dorée et d’évaluer le risque épidémique dans le vignoble bourguignon. Les études de génotypage ont permis de mettre en évidence que les principaux foyers ainsi que près de 50 % des cas de pieds isolés correspondent au génotype de phytoplasme le plus répandu en Europe, introduit en Bourgogne par l'intermédiaire de bois contaminés puis propagé par la cicadelle de la Flavescence dorée. Pour les autres cas isolés, des génotypes atypiques du phytoplasme ont été identifiés qui proviendraient de plantes sauvages environnantes.

Des collectes et des piégeages ont lieu dans la région afin d'identifier les insectes responsables du transfert entre ces plantes et la vigne, dont la fréquence est très faible. Une fois transférés, certains de ces génotypes ont un risque de propagation entre pieds de vignes limité, pour d'autres, l'évaluation est en cours.

Ces résultats, obtenus avec l'aide de différents acteurs de la lutte contre la maladie (responsables techniques, conseillers viticoles et vignerons) ont concouru à la mise en place de zones expérimentales à zéro traitement, lors de précédentes campagnes, malgré la détection et l’arrachage récents de ces pieds contaminés.

Ces travaux s’inscrivent dans un plus vaste projet, pour plus d’informations :

http://www.smach.inra.fr/Toutes-les-actualites/Fladorisk

Alléger la prospection grâce à la technologie

Le Projet DAMAV « Détection Automatique des Maladies de la Vigne », lancé en 2015, a pour objectif de proposer une solution à moindre coût pour prospecter et identifier des maladies de la vigne par drones. Pour cela, plusieurs axes d’étude avancent conjointement : une solution de navigation automatique à basse altitude pour drone, une caméra multi spectrale haute résolution pour détecter le moindre symptômes, un logiciel d’analyse d’images par réseau de neurones pour apprendre la reconnaissance des maladies et l’intégration d’un système d’information géographique pour une lecture immédiate des zones infectées.

Ce projet labellisé par différents pôles de compétitivité et emmené par Novadem, réunit des partenaires industriels (Airbus, GST), scientifiques (AgroSup Dijon) et professionnels (BIVB, FREDON PACA, Bernard Magrez) grâce aux financements du fond unique interministériel pour un budget global de 1,7 millions d’euro sur 3 ans.

Optimiser l’efficacité des traitements grâce à la modélisation

Les dates d’interventions sont fixées par la DRAAF sur la base d’observations de terrain parfois difficiles, notamment dans les vignobles assujettis à la lutte obligatoire depuis plusieurs années et sur une région administrative dont les situations climatiques sont parfois contrastées. Des travaux sont justement en cours dans le cadre d’un projet national financé par FranceAgriMer, porté par le BIVB, qui regroupe 17 partenaires dans toutes la France (dont l’IFV, BioBourgogne et les trois Chambres d’Agriculture de Bourgogne). L’objectif est de parvenir à une définition plus optimale des dates d’intervention en permettant leur déclinaison sur différents vignobles d’une même région administrative.

La lutte contre le vecteur en viticulture biologique est également travaillée dans un second axe, pour essayer d’encadrer l’utilisation de pyrèthres naturels par la rédaction d’une synthèse des bonnes pratiques d’application.

Le BIVB est porteur d’un projet national FranceAgriMer sur la Flavescence Dorée impliquant de nombreux organismes techniques de différentes régions dont le BIVB, le Vinipôle Sud Bourgogne, BioBourgogne ainsi que les Chambres d’Agriculture de Côte-d’Or et de l’Yonne pour la Bourgogne. Une étude a ainsi été réalisée sur l’utilisation du Pyrèthre naturel (substance autorisée pour la viticulture biologique) dans le cadre de la lutte insecticide contre la cicadelle de la Flavescence Dorée. Ce produit de faible rémanence doit être appliqué de façon ciblée sur les larves. Malgré une efficacité élevée, des résultats irréguliers sont observés sur le terrain. Afin d’optimiser l’efficacité, différents programmes de traitements ont été testés en faisant varier le nombre et le positionnement des applications (17 essais à travers la France en 2015 et 2016). Ces travaux montrent notamment qu’un traitement unique au Pyrèthre naturel est le moins efficace quel que soit le positionnement de l’application. En moyenne, l’efficacité du Pyrèthre naturel reste toujours inférieure à celle de la référence chimique. Une réduction du nombre de traitement au Pyrèthre naturel est envisageable seulement si des comptages larvaires sont réalisés après application, avec un renouvellement de traitement si l’efficacité est insuffisante. C’est la stratégie mise en œuvre en Bourgogne pour le traitement conditionnel dans le cas des zones en 2-1 ou 3-1 traitements. 

Synthèse du projet FAM : lutte contre la cicadelle de la Flavescence Dorée avec le Pyrèthre naturel - mars 2017