La Flavescence Dorée en France

En 2015, 69 % du vignoble français est en périmètre de lutte obligatoire contre la Flavescence Dorée.

La Flavescence Dorée par vignoble :

Bordelais :
En 2015, près d’un quart du vignoble Bordelais a fait l’objet d’une prospection Flavescence Dorée. Si une diminution du ratio pieds contaminés par hectare prospecté était observée depuis 2012, le taux est de nouveau en légère hausse en 2015. Ainsi, pour 100 hectares de vignes parcourus, 88 ceps contaminés par la Flavescence Dorée sont détectés en moyenne. La surface arrachée (parcelles contaminées à plus de 20 %) est équivalente à celle de 2014 : 8,1 ha. A l’échelle du département, l’évolution est globalement défavorable mais présente de forts contrastes en fonction des territoires.
Le travail de surveillance établi par le GDON du Libournais depuis 2007, que ce soit au niveau des contaminations Flavescence Dorée ou du suivi de l’insecte vecteur permet au vignoble du Libournais d’être faiblement impacté par ce fléau. Si depuis quelques années une multiplication de la découverte de petits foyers dispersés (1 ou 2 pieds par secteurs) est observée, leur expansion est rendue faible grâce au respect des consignes de traitement et d’arrachage des ceps contaminés. Cependant, la multiplication de ces cas de pieds isolés contaminés par la Flavescence Dorée nécessite de maintenir les populations du vecteur à un niveau bas afin de limiter les risques de propagation d’ampleur importante.
(Source : site GDON libournais)

Provence Alpes Côte-d’Azur :
Le bilan en PACA (vignes mères comprises) dénombre 276 parcelles contaminées sur 25 communes dans le Vaucluse (7 486 ceps) et 211 parcelles contaminées sur 13 communes des Bouches-du-Rhône (9 106 ceps). Dans le Var, la Flavescence Dorée a été détectée pour la première fois en 2015. Un foyer, localisé sur la commune de Rians, a été répertorié, avec 5 parcelles et 11 ceps contaminés. « Cette nouvelle contamination est éloignée des zones précédemment connues », précise Sylvain Bernard.
(source : site de la région PACA)

 

(Source : site de la région PACA)

(Source : site FREDON PACA)

Savoie :
Les premiers foyers de Flavescence Dorée ont été découverts sur 5 communes de Savoie en 2000. Les années suivantes, ils se sont étendus pour atteindre 59 communes en 2012 sur une surface de près de 1 800 ha soit la quasi-totalité du vignoble. Cette année-là, 11 160 ceps contaminés ont été découverts sur 836 parcelles de vigne.

Face à cette situation épidémiologique grave, des prospections intenses sont organisées sur l’ensemble des parcelles par la FREDON Rhône-Alpes, organisme à vocation sanitaire reconnu. Cette surveillance permet de détecter les ceps contaminés et de les éliminer. De même, elle permet de repérer les parcelles abandonnées ainsi que les vignes sauvages et de les détruire également. Enfin, le programme de lutte conduit depuis quelques années est fondé sur des traitements insecticides de nature à réduire au mieux les populations de cicadelles vectrices.

(Source : site DRAAF Auvergne Rhône-Alpes)

Charentes
291 communes sont en zones de traitement obligatoire pour une superficie de 63 482 ha. En 2016, 6 communes entrent en zone de traitement obligatoire d’une surface de 820 ha (327 ha sur 2 communes sortent du périmètre).
La surface prospectée a augmenté de 4 % en 2015 et atteint 68 % du vignoble.
(Source : site de flavescence Charentes)

 

 

En complément de ces informations, un article du magazine La Vigne publié en février 2016 dresse un bilan de la Flavescence Dorée dans les différents vignobles français :
Article de La Vigne – février 2016 par Juliette Cassagnes

Nouvelle progression de la Flavescence Dorée

Les prospections réalisées durant l’automne dernier révèlent la forte dissémination de la flavescence dorée en France. La maladie progresse presque partout excepté en Bourgogne.

Aquitaine

Stabilité à Bordeaux, stupeur à Jurançon.

Sur les 29 200 hectares prospectés en 2015 en Aquitaine, environ 44 000 pieds contaminés par la flavescence dorée ont été décelés (et/ou bois noir), soit 10 % de plus que l’an dernier. Le principal vignoble concerné reste la Gironde où la surface à arracher passe de 8 hectares en 2014 à 11 hectares en 2015. « En Aquitaine, il y a une légère progression de la maladie entre 2014 et 2015. Sauf dans des secteurs limités, où la progression est marquée », commente Thierry Aumonier du SRAl (Service Régional de l’Alimentation). C’est le cas à Jurançon, où l’on a découvert des foyers très importants hors du PLO (Plan de Lutte Obligatoire). De 200 pieds contaminés en 2014, le vignoble est passé à 3 700 pieds en 2015. Le PLO 2016 sera agrandi pour tenir compte des nouvelles communes contaminées.

Bourgogne

L’exception

Le nombre de pieds contaminés en Bourgogne continue de diminuer.

C’est le résultat d’une lutte précise et efficace, notamment dans le nord-Mâconnais (Saône-et-Loire), secteur où la maladie était bien présente. Sur l’ensemble de la Bourgogne, en 2015, seuls 17 pieds positifs à la maladie ont été détectés. Pour mémoire, 31 avaient été dénombrés en 2014 et 64 en 2013. « La situation s’améliore très significativement, commente Claude Magnien du SRAl. Cependant, chaque année nous découvrons de nouvelles communes contaminées avec des pieds isolés. Cela montre la nécessité de continuer à prospecter les zones indemnes pour ne pas passer à côté de nouveaux foyers. »

Languedoc-Roussillon

Le prix du relâchement

Les résultats de 2015 sont dans la lignée de 2014 : mauvais. La surface de vignes à arracher cette année représente environ 65 hectares, contre 56 l’an passé. 26 hectares se situent dans l’Hérault, 22,5 dans l’Aude, 13,5 dans les Pyrénées Orientales et 2,7 dans le Gard. Dans ce dernier département, la surface diminue nettement mais le nombre de « petits foyers » progresse. « La maladie est en expansion géographique, comment Christophe Pueyo, du SRAl Languedoc-Roussilon. Un phénomène certainement lié à une prospection plus fine : on cherche plus, donc on trouve plus de petits foyers. »

Dans les trois autres départements, où la maladie est installée depuis plusieurs dizaines d’années, il n’est plus question d’assainir le vignoble « mais de maintenir la maladie à un niveau acceptable », ajoute Christophe Pueyo. Sa recrudescence depuis 2009 tient à un  « relâchement » dans la lutte rendue compliquée par « l’immensité du territoire » et dont seulement 20 % des 228 000 hectares sont inspectés chaque année.

Midi-Pyrénées

21 000 ceps à arracher

« Tous les départements de la région sont touchés, hormis, peut-être, l’Aveyron », résume Matthieu Nouvel, du SRAl Midi-Pyrénées. L’augmentation des surfaces inspectées dans le Tarn, le Gers, la Haute-Garonne et le Tarn-et-Garonne conduisent à la découverte d’un nombre toujours plus important de pieds contaminés. En 2015, 12 000 hectares de vignes ont été prospectés, soit 32 % environ du vignoble régional.

Ces recherches ont conduit à détecter environ 21 000 pieds avec des symptômes de jaunisse et qu’il faut donc arracher. En 2014, environ 9 000 pieds infectés avaient été dénombrés dans ces 4 départements sur 7 000 hectares inspectés. Madiran et Cahors abritent moins de foyers, mais les prospections y sont aussi moins nombreuses.

Paca

Deux fois plus de foyers

La flavescence dorée s’est encore diffusée dans le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône. Le nombre de parcelles et de pieds touchés a été multiplié par deux par rapport à 2014. Dans les Bouches-du-Rhône, on a compté 9 100 pieds de vignes contaminés dans 211 parcelles, et dans le Vaucluse, 7 500 pieds sur 276 parcelles.
Dans le Var, en revanche, les prospections n’ont rien révélé alors qu’un foyer de 11 pieds avait été découvert en 2014. Des réunions seront organisées entre la DRAAF Paca, les professionnels et la Fredon pour analyser les raisons de cette évolution.

Rhône-Alpes

Le Diois touché pour la première fois

La flavescence dorée vient d’être identifiée dans le Diois pour la première fois. Un foyer touche quatre communes et compte 500 pieds malades. Cette découverte fait bondir Fabien Lombard, président de l’ODG. Il dénonce le « manque de rigueur et de courage » des pépiniéristes, qui refusent de généraliser le traitement à l’eau chaude (TEC). « Faut-il attendre que 100 % du vignoble français soit atteint pour rendre obligatoire cette mesure simple et efficace sur l’ensemble du territoire ? », interroge-t-il.

Mais pour Pierre-Denis Tourette, président du Syndicat des pépiniéristes de la Drôme, le TEC ne permettra pas, à lui seul, d’endiguer la maladie : « La prospection est nécessaire, de même que la lutte contre la cicadelle. La lutte passe par ces trois moyens. Il faut s’attaquer à tout en même temps. »

Cette année, 100 % du Diois seront donc inspectés, soit 1 600 ha de vignes. « C’est un effort très important qui permettra de faire un état des lieux complet », commente Fabien Lombard. A 70 km à l’est de Die, le secteur de Montélimar vient, lui aussi, d’être révélé positif au phytoplasme pour la première fois en 2015. Un « petit » foyer de cinq ceps sur une parcelle en IGP y a été détecté. Ces nouveaux foyers d’ajoutent à ceux déjà connus, et qui s’étendent dans le sud de la Drôme.

Toujours en Rhône-Alpes, la Savoie reste très fortement contaminée, avec 12 000 pieds malades repérés sur 1 860 parcelles.

Une lutte minutieuse en Bourgogne

Les Bourguignons cherchent depuis 2012 à réduire les traitements insecticides contre la cicadelle de la flavescence dorée. En 2014, en lien avec les services de l’Etat et la Fredon, ils ont instauré la « conditionnalité » des traitements. Depuis, au lieu des trois applications qu’impose le décret national de lutte obligatoire, les viticulteurs peuvent en effectuer, un, deux ou trois, en fonction de l’importance du foyer à combattre et des populations de cicadelles observées durant la saison. Dans les secteurs où des pieds isolés ont été découverts, un à deux traitements seulement sont obligatoires et la zone de traitement a été réduite à un rayon de 500 mètres autour du pied contaminé, et non plus à l’échelle des communes limitrophes. Le génotypage des souches de phytoplasme, enfin, permet d’aller encore plus loin dans l’affinement de cette lutte insecticide. « Tout cela ne peut fonctionner que si l’on arrache tous les pieds malades et que l’on prospecte 100 % du vignoble tous les ans. Avec la lutte insecticide, ce sont les piliers principaux sur lesquels le plan de lutte est construit », rappelle Jean-Hugues Goisot de la CAVB. Cette stratégie porte ses fruits. Entre 2014 et 2015, les surfaces traitées ont diminué de 95 % en Côte-d’Or et de 54 % en Saône-et-Loire, le tout en découvrant beaucoup moins de nouveaux foyers.

Des souches peu épidémiques

Depuis 2014, l’INRA de Bordeaux procède au génotypage d’échantillons de phytoplasmes de la flavescence dorée. Il s’agit d’identifier par des tests génétiques, la souche qui infecte un plant. Pour rappel, les scientifiques ont identifié trois groupes de phytoplasme en Europe : FD1, FD2 (de loin le plus fréquent en France) et FD3. Dans les trois, il existe des « variants », c’est-à-dire des types génétiquement différents que l’on identifie par génotypage. Or, certains génotypes semblent peu épidémiques. Les Bourguignons ont donc souhaité, en accord avec le SRAl, tester une stratégie « zéro traitement » en 2015 pour deux foyers isolés, contaminés par des souches a priori peu infectieuses, l’un situé à Saint-Aubin en Côte-d’Or, l’autre à la Chapelle-de-Guinchay (Saône-et-Loire). En revanche, les mesures prophylactiques ont été maintenues : arrachage des souches contaminées à l’hiver 2015 et prospection à 100 % de la zone à l’automne. Ces prospections n’ont pas donné lieu à de nouvelles découvertes de pieds contaminés. L’expérimentation se poursuivra en 2016.